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Nutrition Moderne Pillar 14 min de lecture

Équilibre acido-basique et table PRAL : le guide raisonné

L'équilibre acido-basique expliqué avec rigueur : pH sanguin vs urinaire, la table PRAL, l'acidose métabolique latente (preuves et limites), et la prescription alcalinisante pratique.

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Yin Shi

« Alimentation alcaline », « acidose », « équilibre acido-basique » : le sujet est très demandé et très maltraité en ligne, entre vérités simplistes et dénigrements excessifs. Le point rigoureux tient en une distinction essentielle : ce qui se mesure dans le sang n’est pas ce qui se mesure dans les urines, et ce qui se joue dans l’organisme n’est pas ce que le titre vend.

pH sanguin, pH urinaire : de quoi parle-t-on

Le pH sanguin est maintenu entre 7,35 et 7,45 par des systèmes tampons très puissants (bicarbonates, phosphates, protéines, respiration, reins). Le sang ne s’acidifie quasiment jamais : quand il le fait, c’est l’acidose métabolique aiguë, une urgence médicale, pas un état de fatigue.

Le pH urinaire varie largement (de 4,5 à 8) : le rein excrète l’excès d’acidité et le pH de l’urine reflète la charge acide du régime. C’est lui que mesurent les bandelettes, et c’est lui que l’alimentation modifie réellement.

La confusion centrale du marketing : mesurer le pH urinaire et conclure que le « corps est acide ». Le corps n’est jamais acide ; l’urine l’est quand le régime produit une charge acide à excréter. C’est un signal, pas un diagnostic.

La table PRAL : quantifier la charge acide d’un repas

La table PRAL (Potential Renal Acid Load) quantifie la charge acide qu’un aliment produit pour le rein, calculée à partir de sa composition en protéines, phosphore, potassium, calcium, magnésium. Les valeurs s’expriment en mEq/100g :

  • Charges positives (acidifiants) : protéines animales concentrées (viandes, poissons, fromages à pâte dure), céréales raffinées, sodas.
  • Charges négatives (alcalinisants) : fruits et légumes (le potassium et les bases organiques dominent), certains fruits à coque, tubercules.
  • Neutres ou quasi : eau, graisses pures, certains féculents selon leur composition.

Ce qui fait la valeur de la PRAL : elle quantifie ce que le rein doit excréter, pas ce que l’aliment « fait au sang ». Elle est un outil de mesure de la charge rénale, pas un score de « bon » ou « mauvais » aliment.

Le paradoxe du citron alcalinisant

Le cas le plus connu : le citron, acide au goût, est « alcalinisant » dans la table PRAL. L’explication est simple : ce qui compte pour la charge rénale n’est pas l’acidité de l’aliment dans l’assiette, mais ce qu’il laisse après métabolisme. L’acide citrique du citron est métabolisé en bicarbonate ; le citron alcalinise.

Le paradoxe enseigne la règle : la PRAL mesure le résidu après métabolisme, pas la saveur. Un aliment acide au goût peut alcaliniser (citron, vinaigre de cidre métabolisé) ; un aliment neutre peut acidifier (protéines concentrées).

Acidose latente : ce que les preuves disent vraiment

L’acidose métabolique latente est le concept le plus discuté : l’idée qu’un régime chroniquement acidifiant (riche en protéines animales, pauvre en fruits et légumes) produirait une charge acide subclinique que le corps compenserait en mobilisant les tampons osseux et musculaires, contribuant à l’ostéoporose et à la fonte musculaire avec l’âge.

Ce que la science documente : la charge acide chronique est associée dans les études à la perte de calcium urinaire, à la fonte musculaire liée à l’âge, et possiblement à la fragilité osseuse sur le long cours. Ce qui reste discuté : la taille réelle de l’effet (modeste dans les études), la pertinence de la correction chez le sujet sain dont les reins fonctionnent bien, et les extrapolations « cancer » ou « inflammations » qui dépassent les données.

La lecture honnête : un régime déséquilibré sur la durée (protéines animales excessives, fruits et légumes insuffisants) produit une charge acide qui pèse sur le rein et probablement sur l’os ; la solution n’est pas un régime « alcalin » extrême, c’est un rééquilibrage vers plus de potassium et de végétaux. L’article sur l’ostéoporose en MTC montre que le Rein est le pivot de cette question dans les deux traditions.

La prescription 80/20 en pratique

La règle « 80 % alcalinisants, 20 % acidifiants » est une approximation utile, pas une loi. En pratique, elle se traduit : la moitié de l’assiette en légumes et fruits, les protéines animales en part modérée, les céréales pas exclusivement raffinées. C’est la version « acido-basique » du régime de bon sens que les deux traditions recommandent.

Ce qui n’aide pas : les bandelettes urinaires quotidiennes qui produisent de l’anxiété plus que de la mesure, les eaux « alcalines » vendues à prix premium (l’eau bicarbonatée a un effet tampon réel mais limité et dose-dépendant), et la suppression totale des protéines ou des céréales au nom de l’équilibre.

Acido-basique : ce qui se mesure, ce qui se discute
AffirmationVerdictNuance

FAQ : équilibre acido-basique

Le citron est-il vraiment alcalinisant ?

Oui dans le sens de la charge rénale : l’acide citrique est métabolisé en bicarbonate, le citron produit une charge alcaline. Le goût acide ne détermine pas l’effet métabolique.

Les bandelettes urinaires servent-elles à quelque chose ?

Elles mesurent le pH urinaire, qui reflète la charge acide du régime des dernières heures. Utiles comme indicateur grossier, inutiles en surveillance quotidienne qui produit de l’anxiété plus que de l’information.

L’acidose latente est-elle prouvée ?

Partiellement : la charge acide chronique est associée à la perte de calcium urinaire et à la fonte musculaire liée à l’âge dans les études. L’effet sur l’os est plausible et documenté dans certains travaux ; la taille de l’effet et sa pertinence chez le sujet sain restent discutées.

Faut-il suivre le régime alcalin ?

Le principe 80/20 (plus de fruits et légumes, protéines animales modérées) est une approximation raisonnable. Le régime alcalin strict n’a pas de supériorité démontrée sur un régime équilibré riche en végétaux ; et ses extrapolations (anticancer, « le corps acide ») ne sont pas fondées.

L’acido-basique, un vrai sujet mal servi

L’équilibre acido-basique est un vrai sujet physiologique (charge rénale, tampons, PRAL) qui a été maltraité par le marketing. Ce qui se vérifie : la charge acide chronique pèse sur le rein, probablement sur l’os, et se réduit en mangeant plus de fruits et légumes. Ce qui ne se vérifie pas : l’acidose sanguine, les cures alcalines, les extrapolations anticancéreuses. Pour situer votre terrain : le test énergétique Yin Shi trace le profil en quelques minutes.

Pour aller plus loin

Les ressources de l'écosystème Yin Shi en lien direct avec cet article.

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